Ai-je mal parce que j’ai envie ou parce que la météo ne me convient pas ?

Cette phrase d’Igmar Bergman, célèbre metteur en scène, scénariste et réalisateur suédois, est interpellante et peut provoquer une vive réaction lorsque l’on a mal. C’est dans un de ses carnets de note que l’on retrouve sa météo émotionnelle quotidienne.

Et s’il n’avait pas tout à fait tort ?

On peut aisément constater que la météo peut jouer sur notre moral.  Lorsque les beaux jours reviennent, l’énergie circule autrement, la vie reprend et le moral s’améliore notamment à travers la pensée et les projets.

Sur base de ce constat, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les aspects physiques.

Somatiser revient à avoir une réponse physique ou organique à un stress psychologique, selon Larousse.  Serait-ce une piste de réponse ?

La culture occidentale tend à séparer le corps de l’esprit.  D’autres cultures ne les dissocient pas.

Le fait d’avoir « mal » peut avoir deux causes possibles. La première est la douleur, d’origine biologique, et la seconde, la souffrance d’ordre biologique et psychique.

Partant de ce postulat, on peut admettre que la douleur, une fois soignée, devrait être limitée dans le temps grâce aux remèdes et soins.

Quant à la souffrance, elle est plus insidieuse et nous accompagne tout au long de notre vie même si les causes évoluent à chaque instant. 

Alors que faire de ce mal avant qu’il ne nous ronge ?  Déjà prendre conscience qu’il évolue et que les causes ne sont pas les mêmes.  L’impermanence est là.

La citation « Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis » nous invite à l’embrasser pour mieux le connaître et non à le rejeter car il ne nous convient pas.

L’embrasser permettra de mieux identifier les causes, de les aborder pour s’en détacher et ne plus entretenir le lien que l’on nourrit consciemment ou inconsciemment.

Trouver les causes du mal est aller au-delà de ce qui est apparent, le signe physique étant le symptôme, les conséquences de la somatisation.  La poche de lave est rarement en dessous de la bouche du volcan.  Aussi, il revient à écouter ce que le mal a dit.

La médecine chinoise peut nous aider dans cette voie en écoutant notre propre voix et ce qui résonne en nous, en établissant des ponts entre les émotions et le physique.

Accéder à nos propres parts d’ombre, inconscientes ou refoulées, permettra de transformer les plaies en cicatrices et d’en prendre soin pour qu’elles s’apaisent avec le temps.

Avoir mal peut aussi être entretenu pour diverses raisons.

Ici deux possibilités :

  • La première est le fait de se sentir vivant en se sentant avoir mal ;
  • La seconde est que quand on est souffrant, on existe aux yeux des autres.  La meilleure preuve est la capacité à se libérer ou trouver du temps pour se soucier de de la personne qui a « mal ».  Et quand tout va bien, qu’en est-il ?

Christophe André, célèbre psychiatre français, précise que « la souffrance, c’est l’impact sur nous de la douleur, c’est la place qu’elle prend dans notre tête, dans notre vie. La souffrance, finalement, c’est ce que notre esprit fait de la douleur ».

Une fois les causes identifiées, il nous revient à franchir une étape importante, celle de la voie de la fin du mal, la voie de la guérison.  Cette démarche permet de se décharger de ce que l’on ne veut plus et de ce qui ne nous appartient plus, notamment en rompant le lien.

Pour guérir de ce mal, il revient à être acteur de sa propre guérison.

Les spécialistes du soins (médecins, thérapeutes,…) sont des accompagnants, outre les actes techniques.  La guérison dépendant de notre volonté de suivre les conseils, de travailler sur nous pour y mettre un terme.  Si le kiné préconise un repos après un soin, il est conseillé de suivre ce conseil.

Des études démontrent que l’engagement et l’état d’esprit du patient sont significatifs pour la guérison ou en tout cas l’évolution positive de la suite.

Notre responsabilité est clairement engagée, même si la perspective de la fin de vie nous dépasse et nous échappe.

La courbe du deuil peut être appliquée à chacune des causes jusqu’à la phase essentielle de l’acceptation avant d’entamer la reconstruction. 

Au bout du compte, Ingmar Bergman a-t-il vraiment tort ?

Non, je ne le pense pas. 

La prise de conscience des liens que l’on nourrit permettra de réduire ce mal.

Existe-t-il une réponse toute faite ?  Bien sûr que non.  Chacun a sa réalité, sa propre perception face au « mal ».  Et il revient à chacun à trouver sa « solution » adaptée à ses singularités pour réduire l’impact du mal dans son quotidien.

Car n’oublions pas qu’entre les moments de douleurs et de souffrance, il existe aussi le bonheur.  Quelle part entretenons-nous en dehors de la météo ?

Jacques


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